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Comment organiser sa saison pour réussir un 24h vélo (route ou VTT)

  • Photo du rédacteur: Frederic Camelot
    Frederic Camelot
  • 19 janv.
  • 4 min de lecture
montage cyclisme

J’ai 2 personnes dans mon entourage qui préparent un 24 heures à vélo, l’une sur route et l’autre en VTT (Fred J. et Eric H. 👋). Je me suis dit qu’il serait intéressant d’écrire un article sur ce sujet, capable de parler au plus grand nombre. Car oui, participer à un 24h vélo, que ce soit sur route ou en VTT, ne s’improvise pas. 😉


Ce format d’ultra-endurance impose des contraintes physiques, mentales et logistiques très différentes d’une course classique.


Pourtant, beaucoup de cyclistes sous-estiment encore l’importance d’une organisation de saison cohérente, adaptée à cet objectif.


Dans cet article, nous allons voir comment structurer intelligemment une saison complète pour arriver prêt le jour J, sans brûler les étapes ni multiplier les erreurs classiques.



🚴Comprendre ce qu’exige réellement un 24h vélo


Un 24h n’est pas une cyclosportive plus longue. C’est un effort différent, il est prolongé, parfois monotone, où la fatigue s’accumule heure après heure.


L’intensité moyenne reste relativement basse, mais la difficulté vient de la durée, de la répétition des efforts et de la capacité à maintenir une allure stable malgré la dégradation progressive des sensations.


Physiologiquement, ce type d’épreuve sollicite avant tout le système aérobie.


Mentalement, il met à l’épreuve la patience, la lucidité et la capacité à gérer les moments creux. Ces contraintes doivent guider toute l’organisation de la saison.


📆Faire de vos 24h l’objectif central de l’année


La première étape est un choix clair : le 24h doit devenir l’objectif principal de la saison. Cela signifie accepter que certaines périodes servent uniquement à construire les fondations, sans chercher la performance immédiate.


Une saison bien pensée pour un 24h s’articule autour d’une progression logique, où chaque phase prépare la suivante. On ne cherche pas à multiplier les pics de forme, mais à amener progressivement le corps à tolérer des volumes et des charges très élevées.



🏠Poser les bases : l’endurance avant tout (3 mois)


La première partie de la saison est souvent la moins spectaculaire, mais c’est pourtant la plus déterminante.


L’objectif est de construire une endurance solide, capable de supporter de longues heures de selle sans dérive excessive de la fatigue.


Durant cette phase, l’entraînement est dominé par des sorties en endurance fondamentale, de plus en plus longues, associées à une progression maîtrisée du volume hebdomadaire. On développe ici l’efficacité énergétique, la résistance musculaire et la capacité à encaisser la charge sur la durée.


Sans cette base, toute tentative de préparation spécifique sera fragile.


L’entraînement est dominé par :


👉 Des sorties longues progressives

👉 Du travail en endurance fondamentale

👉 Une augmentation maîtrisée du volume hebdomadaire

👉 Un travail au seuil et/ou Vo2Max peut être une option également 👉 Le travaille sur l'économie de pédalage


💪Orienter l’entraînement vers l’ultra-endurance (2 mois)


Une fois l’endurance générale bien installée, la saison entre dans une phase plus spécifique.


L’entraînement commence à ressembler davantage à ce qui sera vécu le jour J. Les sorties longues deviennent plus fréquentes, parfois enchaînées sur plusieurs jours consécutifs.


L’intensité reste modérée, mais mieux ciblée. On apprend à tenir une allure durable, à gérer les variations de terrain et à rouler efficacement malgré la fatigue.


C’est également une période clé pour tester l’alimentation, l’hydratation et le matériel.


Sur cette phase, le cycliste apprend à écouter son corps, à reconnaître les signaux de fatigue et à ajuster l’effort plutôt que de le subir.


On introduit progressivement :


👉 Des sorties longues (4 à 6 h, parfois plus, sur une sortie ou en bi-quotidien)

👉 Des blocs d’effort consécutifs sur plusieurs jours et/ou du fractionné au SweetSpot pendant les sorties

👉 Un travail à intensité proche de l’allure cible du 24h


entrainement personnalisé

🎖️Entrer dans le cœur de la préparation 24h (6 Semaines)


À l’approche de l’épreuve, la préparation devient spécifique.


Le but n’est plus de progresser, mais de s’habituer aux contraintes du 24h.


On cherche à rouler longtemps en état de fatigue avancée, parfois à des horaires inhabituels, pour préparer le corps et l’esprit à ce qui l’attend.


En VTT, cette période inclut davantage de travail technique sous fatigue, de relances répétées et de gestion des terrains exigeants.


Sur route, l’accent est mis sur la régularité, la position sur le vélo et l’économie de pédalage.


L’entraînement cherche à :


👉 Habituer le corps à rouler en état de fatigue avancée (Ne pas hésiter à faire des allures SST ou Seuil en pré-fatigue)

👉 Tester la nutrition et l’hydratation

👉 Travailler la gestion de l’effort sur de longues plages horaires

👉 Renforcer la résistance mentale


🔥L’importance de l’affûtage avant le jour J (2 semaines)


Contrairement à certaines idées reçues, on ne se repose pas totalement avant un 24h.


La phase d’affûtage consiste à réduire progressivement la charge tout en conservant des rappels d’intensité et de durée. L’objectif est d’arriver frais, mais avec des sensations intactes.


C’est aussi le moment de finaliser tous les détails : stratégie d’allure, plan nutritionnel, gestion des pauses, choix du matériel. Sur un 24h, ces éléments comptent autant que la condition physique.


L’affûtage vise à :


👉 Réduire progressivement la charge

👉 Conserver les sensations

👉 Arriver frais, mais pas « endormi »



🏆Faut-il intégrer des compétitions dans la saison ?


Oui, mais avec discernement. Des courses ou cyclosportives peuvent servir :


👉 De supports d’entraînement

👉 De tests nutritionnels

👉 De travail mental sous pression


En revanche, elles ne doivent jamais compromettre la progression vers l’objectif principal. Mieux vaut peu de courses bien choisies que trop d’objectifs contradictoires.


L’erreur la plus fréquente dans la préparation d’un 24h


La majorité des échecs ne viennent pas d’un manque de volonté, mais :


👉 D’une saison mal structurée

👉 D’une montée en charge trop rapide

👉 Ou d’un entraînement trop orienté intensité au détriment de l’endurance


Un 24h se réussit bien avant la ligne de départ. Il se construit semaine après semaine, avec patience et cohérence.



En résumé


Organiser sa saison pour un 24h route ou VTT, c’est accepter une logique différente de celle des courses classiques.


L’endurance, la régularité et la capacité à durer priment sur la performance instantanée.


Avec une saison structurée, chaque phase trouve son sens et prépare la suivante.

Le jour J, il ne reste alors plus qu’à appliquer ce qui a été patiemment construit… et à profiter pleinement de l’aventure. 😉



 
 
 

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