LT1 VS LT2 : comprendre les seuils pour mieux structurer l'entraînement
- Frederic Camelot
- 23 févr.
- 4 min de lecture

Quand on parle d’entraînement en endurance, deux notions reviennent sans cesse : 1er seuil et 2ème seuil. Le premier seuil, mesurable via le lactate (LT1) ou la ventilation (SV1), et le second seuil, identifié comme LT2 ou SV2 selon la méthode d’analyse. Les termes varient, mais derrière ces mots se cachent deux réalités physiologiques très concrètes.
Si tu veux progresser en cyclisme comme en course à pied comprendre ces deux seuils peut changer complètement ta manière de t’entraîner.
Le premier seuil, base du moteur aérobie
Le LT1 (Lactate Threshold 1) correspond à la première augmentation significative du lactate sanguin au-dessus de sa valeur de repos.
Ce que cela signifie pour votre corps.
À basse intensité, ton corps produit peu de lactate, et il l’utilise presque aussi vite qu’il le fabrique. Lorsque tu approches du LT1 :
👉 La production de lactate commence à augmenter
👉 L’équilibre production / recyclage est encore stable
👉 La fatigue est faible et durable
En pratique, le LT1 correspond souvent à :
👉 Environ 65–75 % de la FTP en cyclisme jusqu'à 80 ou 85% chez les athlètes très entrainés.
👉 Une intensité où tu peux parler en phrases complètes
Pourquoi le LT1 est fondamental
Améliorer le LT1 signifie :
➡️ Augmenter ta capacité à utiliser les graisses -> La Lipolyse
➡️ Développer tes mitochondries
➡️ Améliorer la densité capillaire
➡️ Retarder la dérive cardiaque
En clair : tu deviens plus économique.
Chez les athlètes entraînés, le LT1 peut se situer très haut en pourcentage de la VO2max. C’est souvent ce qui distingue un amateur d’un athlète élite : non pas une VO2max énorme, mais un premier seuil très élevé.
Second seuil, le point d’équilibre critique
Le LT2 (Lactate Threshold 2) correspond à l’intensité à partir de laquelle le lactate s’accumule rapidement dans le sang.
Il est souvent assimilé à :
👉 FTP en cyclisme
👉 Seuil anaérobie
👉 MLSS (Maximal Lactate Steady State) -> La puissance (ou vitesse) maximale que tu peux maintenir sans que le lactate n’augmente continuellement.
Ce qui se passe dans ton corps
À l’approche du LT2 :
➡️ La glycolyse augmente fortement
➡️ La production de lactate dépasse les capacités de recyclage
➡️ L’acidité musculaire progresse
➡️ La durée de maintien devient limitée (30 à 60 minutes selon le niveau)
C’est une zone d’intensité exigeante, proche de l’effort maximal soutenable.
Pourquoi cela peut tout changer (à mon avis)
Beaucoup d’athlètes s’entraînent “entre les deux”, c'est la fameuse zone grise. Trop vite pour développer le LT1. Pas assez spécifique pour stimuler réellement le LT2.
Résultat : Une stagnation...
Planifier son entrainement
Un entraînement efficace repose souvent sur :
Un volume important sous le LT1→ Construction du socle aérobie
Un travail ciblé autour du LT2→ Amélioration de la performance spécifique
Des intensités au-dessus du LT2 (VO2max)→ Développement du plafond physiologique.
C’est le principe des approches polarisées ou hybrides.
Comment améliorer son LT1 ?
On en parle depuis le début mais la réponse que vous attendez concrètement c'est comment faire pour élever ton premier seuil 😉
➡️ Volume en zone 2 régulier -> de 60 à 80% de la FTP en fonction des individus.
➡️ Sorties longues -> augmentation régulière de la durée des sorties longues.
➡️ Travail à basse intensité mais constante -> éviter trop de roue libre.
➡️ Contrôle de la dérive cardiaque -> analyser sa fréquence cardiaque.
➡️ Progression graduelle du temps d’exposition -> augmentation progressive de la charge et du temps en endurance.
Ce travail augmente la densité mitochondriale et améliore l'utilisation des lipides.
Comment améliorer son LT2 ?
Pour faire progresser ton second seuil :
➡️ Intervalles de 8 à 20 minutes à 95–100 % FTP
➡️ Travail en Sweet Spot, 88-94% de la FTP
➡️ Blocs longs en progression, Over/Under par exemple.
Il n’y a pas de secret : une fois votre FTP correctement estimée, l’augmentation progressive du temps passé juste au-dessus ou juste en dessous de ce second seuil (selon la planification) permettra de faire progresser ce dernier.
⚠️Attention : il ne faut pas "abuser" de cette zone ni se focaliser exclusivement dessus. La progression varie selon les individus. Chez certains, le travail au seuil suffira à améliorer le LT2. Chez d’autres, une stimulation supplémentaire à VO2max ou même en anaérobie sera nécessaire pour continuer à progresser.
Tout dépend de votre profil physiologique, de vos objectifs, de votre volume d’entraînement, de votre capacité de récupération et de votre historique sportif...
Erreur fréquente : confondre FTP et endurance fondamentale
Beaucoup pensent travailler l’endurance alors qu’ils roulent entre LT1 et LT2.
Ce “no man’s land” est confortable mentalement, et plaisant pour son égo, améliorant la moyenne à afficher sur Strava 😉 mais cela est peu optimal physiologiquement en réalité.
Si l'objectif est une cyclosportive longue, un Ironman ou une course vallonnée exigeante, élever le LT1 est souvent plus stratégique que multiplier les séances difficiles.
Pour résumer
👉 Le LT1 représente la frontière du pur développement aérobie.
👉 Le LT2 représente la limite de l’équilibre métabolique soutenable.
➡️ Les deux sont complémentaires.
➡️ Une bonne planification respecte leurs rôles distincts.
Comprendre LT1 vs LT2 permet d’arrêter de s’entraîner au hasard et de construire une progression cohérente.




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